(Si ce n'est pas déjà fait, vous pouvez aussi lire la première partie de notre série d'articles sur l'aide financière pour l’achat d’un fauteuil roulant manuel ultraléger).
Continuons de faire la lumière sur le processus de demande d’aide financière pour l’achat d’un fauteuil roulant manuel ultraléger. Vous vous êtes renseigné au sujet du programme d’aide financière et avez réalisé une évaluation complète. Mais le travail n’est pas encore terminé.
Peut-être avez-vous remarqué la présence des mêmes termes importants dans les documents à remplir pour demander l’aide financière nécessaire à l’achat d’un fauteuil roulant manuel ultraléger (ou d’un autre appareil de réadaptation complexe). Vous devez comprendre parfaitement ce qu’ils signifient pour être capable de fournir une justification valable et une vue d’ensemble à l’évaluateur.
Termes importants
Les critères d’admissibilité des programmes d’aide financière contiennent souvent les mêmes termes importants, notamment « très actif », « indépendant », « à/dans la maison » et « dans la communauté ». S’ils sont utilisés dans la description des critères d’admissibilité associés à certains types d’appareils, ils sont rarement définis avec précision. Le clinicien peut donc s’en servir pour dresser un portrait du client qui l’aidera à justifier pourquoi ce dernier devrait avoir accès au fauteuil le mieux adapté et à l’aide financière qui lui permettrait de l’obtenir.
D’abord, « très actif » est un terme vague, qui peut qualifier presque tous les utilisateurs de fauteuil roulant manuel qui se propulsent eux-mêmes. Une personne de 35 ans et une autre de 86 ans peuvent toutes deux être très actives pour leur âge, qu’elles soient atteintes ou non d’un handicap. Ce n’est pas parce que le niveau de dynamisme d’un client âgé est moins élevé que celui d’une personne de 35 ans qu’on devrait automatiquement lui donner un fauteuil roulant de catégorie inférieure. Une personne de 86 ans très active pour son âge pourrait, avec un fauteuil de catégorie inférieure, adopter un mode de vie plus sédentaire et voir sa qualité de vie diminuer. La prescription d’un fauteuil roulant pour « personne très active » devrait être fondée sur ce que le client pourrait potentiellement accomplir grâce à un fauteuil ultraléger et configuré sur mesure de façon optimale. Dans cette optique, les utilisateurs de fauteuil roulant ne devraient PAS être considérés comme étant différents des personnes non handicapées, et le terme « très actif » ne devrait pas être utilisé comme critère d’exclusion. Il devrait plutôt servir à démontrer, en fonction des capacités fonctionnelles de la personne, la pertinence d’un appareil de catégorie supérieure.
Le terme « indépendance » est un autre terme qui revient fréquemment dans les critères d’admissibilité de ce type de programme. Souvent, la difficulté est de déterminer si le client pourrait être plus « indépendant » s’il possédait un meilleur fauteuil roulant, c’est-à-dire un fauteuil ultraléger et configuré de façon optimale. Comme clinicien, si vous posez les bonnes questions, vous parviendrez peut-être à orienter la conversation et à mieux justifier l’admissibilité du client à un meilleur fauteuil roulant pour l’aider à jouir d’une plus grande indépendance. Ne présumez pas que le client ne sera pas indépendant et qu’il n’a donc pas besoin d’un produit de catégorie supérieure.
Pour ce qui est de l’expression « à/dans la maison », sachez que bon nombre d’organismes offrant des programmes d’aide financière sont formels : si la personne compte utiliser l’appareil à l’extérieur de la maison, sa demande sera automatiquement refusée. Bien qu’une telle condition puisse sembler injuste, elle fait bel et bien partie des critères de nombreux programmes. Pendant l’évaluation du client, n’oubliez pas de lui demander de vous décrire la pire situation qui soit pour lui, car celle-ci se produit peut-être lorsqu’il utilise son fauteuil à la maison. Voilà qui pourrait vous aider à rédiger une justification valable. Comme la plupart des clients ne se présentent pas à leur évaluation pour un fauteuil roulant lorsqu’ils filent un mauvais coton, vous les évaluez peut-être lorsqu’ils sont au sommet de leur forme. La situation d’une personne habitant dans un appartement, une résidence pour personnes âgées ou un autre type d’immeuble à logements multiples peut aussi laisser place à l’interprétation. N’oubliez pas que votre client doit pouvoir accéder à TOUTES les zones de son espace de vie, et ces zones peuvent être considérées comme étant « dans la maison ». Il doit pouvoir se rendre à la salle à manger commune ou aller chercher le courrier à l’entrée de l’immeuble, par exemple. Ce genre d’activités pourrait vous aider à justifier l’admissibilité du client à une aide financière pour l’achat d’un fauteuil manuel ultraléger et configuré de façon optimale.
Le terme « dans la communauté » est une autre expression imprécise, et certains organismes exigent que le client soit « indépendant à la maison ET dans la communauté ». Comme les transports accessibles ne sont pas monnaie courante, une telle situation est quasiment impossible. Aussi, ce critère semble empêcher certains clients de recevoir l’aide nécessaire à l’achat d’un fauteuil ultraléger. Si vous posez les bonnes questions et procédez à une évaluation complète, vous pourriez réussir à démontrer que le client serait potentiellement plus indépendant à la maison ET dans la communauté s’il possédait un fauteuil manuel ultraléger et configuré de façon optimale. Dressez la liste de tous les endroits que fréquente votre client : lieu de travail, église, épicerie, clinique médicale, cinéma, etc.
Dans le dernier billet de cette série, nous aborderons les caractéristiques uniques du fauteuil manuel ultraléger. Le clinicien sera alors en mesure de fournir à l’évaluateur une vue d’ensemble complète et toute l’information dont il a besoin pour approuver la demande d’aide financière.